"Depuis COVID, je me sens en difficulté."

En ces temps de crise sanitaire et sociale qui n'en finit plus, l'individu que nous sommes rencontre maintes difficultés. Pour une majorité d'entre nous, cette crise impose des conditions de vie inédites avec lesquelles apprendre à composer. Composer pour continuer à vivre, à aimer et à faire ce que nous incitent désirs et responsabilités. Et c'est ce que nous avons fait. 

Face aux exigences, nouvelles et spectaculaires de la réalité, comme un confinement ou un couvre-feu, nombre d'entre nous avons agis et pratiquer la vie dans l'idée que cela passerait. Cherchant simplement à maintenir l'équilibre en place avant l'apparition du Covid, dans l'attente que ces exigences inédites meurent, et que la réalité d'hier réapparaisse.

Seulement cela fait des mois que cela dure, et tout ce temps dans le présent à maintenir l'avant ou attendre l'après... essouffle le coeur, déconstruit les représentations que l'individu a de lui-même, de l'Autre et du Monde. Plongeant beaucoup d'entre nous et notamment les plus jeunes (15-30ans) dans une perte de sens, à la fois personnelle et identitaire, mais aussi globale et collective. 

Comment penser l'inscription de sa vie dans l'Espace, le Temps et la Culture?

A une époque où l'individu, constamment bombardé d'informations, fait face à de multiples crises (en plus des siennes) aux conséquences dramatiques pour l'humanité :

sanitaire / sociale / humanitaire / économique / écologique / climatique / démographique / technologique  

Comment naviguer entre le chaos de sa propre existence et celle du monde ? 

Bien que cette question semble des plus actuelle, c'est en fait l'expression verbale d'un défi que toute personne en proie au mal être rencontre. Et ce depuis que l'humain existe, soit depuis 2,5m d'années. 

Une des croyances que le mal-être induit chez l'individu est, qu'il est lui même le problème. Au bout d'un certain temps à tenter des choses et voir que le problème rencontré persiste (troubles psychologiques ou psychiatriques, phobies, troubles sexuels ou du comportement, mauvaises gestions des émotions, comportements délétères pour soi-même ou pour les autres, difficultés relationnelles, schémas répétitifs, quotidien visiblement impacté par des trauma non guéris etc...), l'esprit fini par se convaincre lui même d'une chose : "c'est moi le problème." 

Ex: "Le problème ce n'est pas la violence de ma femme après son troisième verre. Le problème c'est qu'elle a raison, je suis une merde. Si elle réagit comme ça c'est que je le mérite." 

Ex: "Le problème ce n'est pas que je déteste ma vie au collège, les gens, les cours, les profs. Le problème c'est que j'ai envie de mourir."

Ex: "Le problème ce n'est pas que je me sens seul, c'est juste que je comprends que personne ne veuille de moi. Je ne vois pas comment je peux plaire à quelqu'un. Sincèrement, je ne me choisirais pas". 

Ex:"Le problème c'est que je suis provocatrice, agressive et sale. Tout le monde me déteste. Même mon beau-père, alors que c'était le seul à m'aimer. Il ne vient plus dans ma chambre le soir quand ma mère dort."

Ces exemples mettent en exergue le fait que l'humain, quoiqu'il traverse comme épreuve, cherchera à donner du sens.

Lorsqu'il fait l'expérience d'un trauma (unique ou répété), il devient vital pour lui de pouvoir continuer à penser, à vivre même dans l'horreur ( la violence conjugale, l'inceste, la maladie mentale ou somatique...).

Aussi l'esprit, lorsqu'il n'a pas la maturité pour composer avec la violence, avec l'irreprésentable, choisira une autre issue:

Et si, c'était moi le problème? Au prix d'une décomposition progressive et inéluctable de l'estime de soi, l'esprit peut de nouveau vivre, penser, être en mouvement. Pour un temps. 

Pour en revenir au sujet initial de cet écrit, la nature humaine est une chose qui nous prend par surprise lorsque l'on ne se connait pas, ou lorsque l'on croit trop bien se connaitre. La connaissance de soi, l'attitude choisie en conscience face aux évènements qui surgissent dans le réel, et l'attention vraie portée à toutes les formes du vivant, permet au sujet, en l'homme et en la femme, de s'autonomiser au sein d'une interdépendance globale qui le/la dépasse. 

Si ce texte vous a parlé : diriez-vous que c'est la crise sanitaire et sociale qui est à l'origine du mal être que vous percevez ces temps-ci  en vous ou chez un proche? Ou alors est-ce que la crise serait plutôt ce qui a réveillé un mal-être déjà présent mais jusqu'alors caché? 

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"Depuis COVID, je me sens en difficulté."